impermanence Meditation

Accepter l’impermanence

Accepter l’impermanence, c’est le premier pas vers la sagesse.

L’esprit humain a horreur de l’impermanence. Il a besoin de vivre dans l’illusion que les choses sont stables et définitives. Or, comme rien ne dure dans ce monde, il est toujours déçu, insatisfait, malheureux. Même quand il est heureux, il ressent l’inquiétude, l’angoisse, la peur de perdre ce qu’il a, ce qu’il aime. Nous ne pouvons accepter l’idée, non seulement que nous sommes mortels, mais que tout ce que nous vivons change sans cesse : nos perceptions, nos sensations, nos pensées, nos opinions, nos sentiments… Nous ne pouvons accepter notre caractère inconstant et impermanent. Ce conflit entre la réalité et notre ego est source de souffrance. C’est ce que Bouddha appelle Dukkha.

Le sens de Dukkha

Dukkha, c’est le fondement même de la philosophie bouddhiste. C’est la première des quatre Nobles Vérités (pour l’explication des quatre Nobles Vérités, je vous conseille le livre L’enseignement de Bouddha, de Walpola Rahula dans A lire). On la trouve souvent traduite en français par « la vie est souffrance », ce qui, depuis des générations, donne une interprétation erronée de la pensée de Bouddha. Dukkha renvoie plutôt à l’idée d’imperfection, d’incomplétude, d’impermanence dont la souffrance est la conséquence.

Que nous propose Bouddha Shakyamuni ? De nous libérer de la souffrance par l’éveil, c’est-à-dire la prise de conscience de la réalité du monde, et de nous -même dans ce monde. Si Bouddha parlait de la souffrance occasionnée par la maladie ou la vieillesse, sa promesse n’aurait aucun sens. Chacun sait qu’on ne peut y échapper. La souffrance dont parle Bouddha, c’est l’incapacité pour l’homme ordinaire de garder un bonheur stable à cause de l’impermanence de ce qu’il désire ou de ce qu’il possède. L’impermanence n’est pas source de souffrance en soi, elle n’est souffrance que pour notre ego qui s’est construit sur l’illusion d’être stable et permanent dans un monde qu’il veut stable et permanent, et qui passe sans cesse de la peur engendrée par notre désir de conserver ce que nous possédons à la frustration engendrée par notre désir de posséder ce que nous n’avons pas.

La vie est comme le courant de la rivière. L’eau que nous prenons dans nos mains n’est jamais la même, pourtant elle vient de la même rivière. L’impermanence n’existe qu’a partir du moment où l’on veut posséder, qu’à partir du moment où l’on veut retenir l’eau dans nos mains.

Rien ne dure, heureusement !

On a souvent une vision triste de l’impermanence. On l’associe à la séparation, à la fin, au deuil… On l’associe rarement aux bonheurs nouveaux qu’elle nous réserve. Mais, sans l’impermanence, il n’y aurait pas d’autres fois, d’autres rencontres, d’autres découvertes, d’autres expériences à vivre. Lorsque nous sommes malades, nous sommes heureux de savoir que cela ne durera pas éternellement ! Sans l’impermanence nos souffrances seraient insupportables, et nos bonheurs deviendraient vite ennuyeux !

Seule la disparition de ce qui est peut engendrer le nouveau.

3 Commentaires

  • Bravo Richard c'est magnifique

    Bravo Richard c’est utile pour notre monde.
    Bises.
    Laurent

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  • Batsalle

    Lorsque nous sommes malades nous ne sommes pas certain de guérir donc pas forcément heureux …… il y parfois un côté irréversible qui nuit à la sérénité et au bonheur

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  • Richard Seff

    Je ne me permettrai pas de donner de leçon de sagesse à ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur âme à cause de la maladie ou du deuil. Je sais très bien que j’aurais moi-même beaucoup de mal à l’accepter. Quand je parle d’accepter l’impermanence, c’est dans le cadre de nos vies quotidiennes.

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