Interdépendance Meditation

La vie est interdépendance

“Rien n’existe jamais indépendamment du reste. Tout est en lien avec tout. ” Bouddha

Dans ce monde rien n’existe par soi-même, du simple caillou aux êtres vivants. Ils sont tous le résultat d’une interaction, l’effet d’une cause. Je suis né de l’union de mes parents. Tout ce qui m’a nourri physiquement et culturellement, ce qui m’a fait grandir, ce qui m’a fait aimer, ce que j’ai trouvé beau ou laid, bon ou mauvais, est le fruit de ma rencontre avec les autres et le monde extérieur.

Sans les autres, je ne suis rien

Tous mes actes sont provoqués par quelque chose, sont dirigés vers quelque chose. Sans cette connexion au monde je ne suis rien qu’une coquille vide. Je ne pourrais pas vivre sans le monde, sans son air, son eau, sa lumière, la nourriture qu’il me procure. Je pourrais encore moins vivre sans les autres, sans tous ces êtres avec qui je fais commerce chaque jour, qui me nourrissent, m’éduquent, m’informent, me soignent, me protègent… Mes actes, mes émotions, mes pensées naissent de cette interaction. Privé de tout contact je n’existe pas.

Je sais que tout ce que je dis là parait évident, pourtant nous passons notre temps à l’oublier ! On se plaint sans cesse du temps, du monde dans lequel on vit, des autres, parce qu’ils ne répondent pas comme on le souhaiterait à nos attentes égoïstes, alors qu’on leur doit tout, et en premier lieu, la vie.

Se penser indépendant, autonome peut vite engendrer une attitude négative : s’isoler, s’opposer, rejeter, haïr…  Voir l’autre comme un obstacle, un ennemi, voir le monde comme un danger. Perdre la conscience de son interdépendance, se couper du monde, c’est se couper soi-même, s’infliger une blessure. C’est souffrir.

Nous sommes dans le monde et le monde est en nous

Le monde, au moment où je le perçois, est en moi. C’est la lumière que mes yeux reçoivent, les sons qui arrivent à mes oreilles, les sensations sur ma peau, etc. Et je le perçois parce que je fais partie de lui.  C’est la même chose pour les autres : à l’instant où je regarde l’autre, où je rencontre son visage, il fait partie de moi. C’est cette part de l’autre en moi que j’aime ou que je rejette. Tout le reste m’est inconnu, étranger.

La réalité, c’est ce qu’il reste de ce contact, c’est une empreinte. L’empreinte qu’imprime le monde sur nous et celle que nous imprimons sur le monde. Chacun de nos actes, de nos paroles, laissent une trace, aussi infime soit-elle. Je ne suis pas responsable du monde ni des autres, mais je suis responsable de l’empreinte que je vais laisser sur eux.

On peut être cellule ou virus

Croire qu’on existe indépendamment des autres et du monde est une illusion sur lequel se construit l’ego. Ceux qui n’ont pas conscience de leur interdépendance agissent comme des virus. Ils se servent de l’organisme qui les accueille, l’exploitent pour satisfaire leur avidité jusqu’à l’épuiser et le faire mourir. C’est ce que nous faisons avec notre Terre. Ce sont les mêmes qui se servent de leurs semblables à seule fin de satisfaire leurs ambitions personnelles, leurs désirs de domination, de richesse ou de jouissance, faisant de l’autre un simple objet jetable.

Dès que nous prenons conscience que nous faisons partie d’un organisme vivant – notre  Terre et tous les êtres vivants qui l’habitent -, que notre vie dépend de cet organisme et que la vie de cet organisme dépend de chacun d’entre nous, nous trouvons normal de tout faire pour le protéger et lui apporter ce dont il a besoin, comme nos cellules maintiennent en vie notre corps.

La compassion n’a pas besoin de religion

La vertu n’a pas besoin de morale, la compassion n’a pas besoin de religion. C’est le résultat naturel de la conscience de notre interdépendance. Nous sommes une partie du monde et une partie du monde est en nous, nous sommes une partie de l’autre et  l’autre est une partie de nous.  Nous n’existons que par cette relation, ces interactions. Ce que nous détruisons nous détruit en partie,  la souffrance que nous provoquons est aussi notre souffrance et  le bonheur que nous procurons est aussi notre bonheur. Chacun de nos actes, chacune de nos paroles ont des conséquences, comme le son de la cloche qui résonne et se propage dans l’air bien après le dernier coup du marteau.

1 Commentaire

  • Sylvain Pastor

    Très bel article ! Très inspirant, merci beaucoup Richard.

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