Meditation

Ki, le souffle de l’Univers

En naissant nous aspirons la vie, puis, jour après jour, nous l’expirons jusqu’à ce que notre corps soit vide .

Voilà plus de deux millénaires que le concept du  chi, ou qi selon les traductions,  est apparu dans des écrits relatifs à la médecine traditionnelle chinoise. Bien qu’ancien et profondément ancré dans la culture asiatique, ce mot n’a pas d’équivalent dans la culture occidentale.

Du chi chinois au ki japonais

Certains s’aventureront à le qualifier d’énergie vitale, d’autres, se basant sur la traduction littérale du sinogramme qui le représente parleront de respiration ou souffle divin. En réalité, dans la culture chinoise et japonaise, il s’agit davantage de « l’énergie qui meut toute chose », de « l’énergie originelle de notre univers ». Si en occident nous arrivons en partie à saisir le concept de Yin et Yang, il faut savoir qu’il ne s’agit en réalité que du résultat de ce que le chi représente à l’échelle de l’univers. Le Yin et Yang en sont des manifestations.

D’abord apparu en Chine, ce concept a également été adopté au Japon sous le nom de ki , où on le retrouve encore aujourd’hui dans de nombreuses expressions modernes. A la base des médecines traditionnelles, notamment l’acupuncture, et des arts martiaux, du kung fu au karaté ou l’aïkido par exemple, le chi ou ki en japonais est indissociable d’une pratique éclairée de ces disciplines.

Ki n’est pas notre propre énergie, c’est la source de notre énergie

Le ki c’est l’énergie cosmique, la force créatrice qui est à l’origine de toute chose. C’est l’énergie qui crée et anime chaque particule, chaque atome, chaque cellule de notre corps et les milliards d’étoiles de chaque galaxie… L’Univers est énergie et le ki en est le seul élément constant. Le reste n’est que phénomène, la transformation de cette énergie en matière, en lumière, en vie….

Le ki nous fait naître, il est le moteur de notre souffle, de nos actes, de nos pensées, de nos sentiments… Nous pensons que nous créons notre propre énergie, que nous la contenons, or c’est le contraire, c’est cette énergie venue de tout l’univers qui nous contient, qui nous porte. Nous sommes comme la barque sur la rivière. L’eau retient et guide la barque,  ce n’est pas la barque qui créée l’eau et dirige la rivière. Avec beaucoup d’efforts, on pourra juste diriger la barque dans le sens du courant, suivre son dharma…

Ne pas bloquer le ki

Le ki est un flux. Si on veut le contrôler, le retenir pour l’utiliser à notre seul profit, on le bloque.  On crée des barrages en nous qui empêche l’énergie de circuler : mal au dos, problèmes digestifs, fatigue, dépression en sont les symptômes quotidiens. Le ki, quand il s’exprime librement, lorsqu’il n’est pas détourné par l’ego pour satisfaire ses désirs égoïstes, nous pousse à aller vers le monde, vers les autres, à créer notre vie, c’est son courant naturel. Ce sont nos émotions négatives (peurs, jalousie, avidité…) qui en s’accumulant bloquent cette énergie et nous empêchent de nous accomplir. Elle se retourne contre nous et se transforme en frustration, en colère, en angoisse, en perte de confiance, en souffrances physique et mentales…

Comme dans le Yoga, le Tai-chi ou le Qi-gong, la méditation doit nous aider à retrouver cette source d’énergie. Pendant zazen (à ce sujet voir l’article Commencer la méditation zen)   la respiration profonde permet de rétablir la circulation naturelle du ki dans tout notre corps et de nous unifier à lui. Prendre conscience de cette énergie en nous, c’est retrouver l’extraordinaire force qui nous anime, cette force créatrice que nous partageons tous avec tout l’Univers.

 

 

3 Commentaires

  • Antonella

    La pratique de Zazen est une heureuse et jeune découverte pour moi…. .Dans mon parcours, c’est le cri du corps épuisé sous les coups infligés par le mental à la libre circulation du “QI” en lui, qui m y a induite il y a un peu plus d’un an.. Richard j’attends que tu met ta jolie plume sur le “QI”, qui ma propre perception, dit être un moyen de découverte du”KI” .Merci. Il fait bon te lire

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    • Richard Seff

      Chère Antonella, qu’importe les mots utilisés, ce qui compte c’est ce qu’on (re)trouve en nous, grâce à la méditation.

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  • Antonella

    ERRATA CORRIDGE (dans mon commentaire de ce matin 🙂
    Avec tout mon lourd bagage occidental…j’ai du mal avec le mots japonnais/chinois….Tu l’auras probablement compris j’attends ta plume s’attarder sur le “YI” et non pas sur le “QI” (= KI en japponais)… Ce “Yi”… ce sens endormi qui, zazen aide à réveiller en nous…pour que le souffle (“Qi” /”Ki”) puisse être guidé en nous et à l’extérieur

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