Eveil Meditation

Méditer comment ?

” Sois toi-même ton propre refuge. Sois toi-même ta propre lumière.” Bouddha

Dans l’esprit de beaucoup de gens, pour pratiquer la méditation il faut se tenir à l’écart du monde, à l’abri de l’agitation et des émotions de la vie courante, s’isoler. Certains vont même jusqu’à se retirer dans un temple ou un monastère… Mais on n’est pas obligé de devenir moine ou none pour pratiquer zazen, heureusement !

Le zen ne fait pas le moine

Le zen a été transmis par des moines qui, à travers leurs récits, ont eu tendance à idéaliser la vie monastique, à l’associer spontanément à une forme de sainteté, reléguant les laïques à des pratiquants de deuxième catégorie. Je pense au contraire que la méditation est utile dans la vie quotidienne, qu’ elle doit s’intégrer à elle et non l’exclure.

Méditer doit nous aider à mieux nous connaître pour mieux connaître les autres, à prendre conscience de notre interdépendance pour mieux comprendre le monde qui nous entoure. Où qu’on soit, chez soi ou dans un temple, méditer ce n’est pas se déconnecter du monde, c’est au contraire se connecter davantage à lui, être plus conscient, plus présent.

Bien sûr, un environnement calme est préférable pour méditer, mais ce n’est pas indispensable. Apprendre à ne pas se laisser distraire par les bruits autour de soi ou par l’agitation de la rue sous ses fenêtres est un bon exercice de concentration.

Méditer c’est réaliser l’Eveil

Méditer, c’est réaliser l’Eveil, c’est ouvrir une brèche dans le mur des illusions. Et plus la brèche est large, plus le jour entre à l’intérieur. Nos sentiments, nos émotions, notre façon de penser changent naturellement, comme les objets changent d’apparence quand ils passent de l’ombre à la lumière. Nos idées deviennent plus claires, notre relation aux autres plus ouverte, plus sereine. Nous agissons de façon plus juste parce que notre vision est plus juste.

La méditation nous permet de passer un moment sans but particulier, sans destination à atteindre, sans n’avoir rien à faire, rien à dire, rien à penser… Et nous constatons rapidement que notre état naturel, lorsqu’on se coupe de ses préoccupations, qu’on fait le vide dans sa tête, qu’on libère son corps de ses tensions, est un état de plénitude puisque nous ne voulons rien, et de sérénité puisque nous n’attendons rien.

La nature de Bouddha

Pour beaucoup de bouddhistes, cet état est notre état naturel, originel, c’est la nature de Bouddha. La nature de bouddha n’est pas un pouvoir surnaturel transmis de façon mystérieuse. Il est en nous, il est à l’origine de ce que nous sommes, il est comme l’eau qui irrigue chaque cellule de notre corps, mais qu’on ne peut pas boire.

Alors, me direz-vous, pourquoi ne pas chercher à rester dans cet état de façon permanente ? Pourquoi ne pas se retirer du monde ? Pourquoi continuer à se laisser perturber par nos vies quotidiennes ? Je vous répondrai parce que l’état naturel de l’homme est aussi de vouloir agir, parler, travailler avec ses mains et avec sa tête, créer des œuvres d’art, trouver des équations nouvelles, avoir des relations amoureuses, fonder une famille, s’engager pour la collectivité… Renoncer à tout cela, c’est renoncer à la vie même.

Garder l’esprit de méditation

Méditer doit nous aider à accomplir nos vies et à aider les autres à accomplir la leur. Il faut porter l’esprit de la méditation au-delà des quelques minutes où l’on garde la posture, afin d’aborder la vie avec une vision juste, dépouillée de toute avidité, de jalousie, de volonté de domination. Ne pas se laisser entraîner par l’ego. Rester dans la conscience du présent.

Pour Krisnamurti, la posture même est inutile. La méditation se pratique à chaque instant à travers notre présence au monde, notre écoute, notre attention. Il a surement raison, mais l’exercice est bien difficile pour nous occidentaux baignés dans notre culture moderne. La pratique de la méditation a le mérite de nous mettre sur la voie.

Le bon samouraï

Pour moi – d’autres, bien sûr, pensent différemment– la méditation n’a de sens que si elle s’inscrit dans la vie réelle. Ce ne doit pas être un moyen de s’isoler, de se protéger, de s’installer dans une zone de confort où aucune émotion, aucune relation ne viendraient troubler notre sérénité. Elle doit nous donner la force d’affronter la vie. Comment le samouraï peut savoir qu’il est un bon samouraï s’il ne se bat jamais ?

2 Commentaires

  • Eric Haeny

    Za-zen, n est ce pas une illusion de plus à perdre?

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    • Richard Seff

      Justement, zazen c’est l’expérience de la vacuité. La pensée n’intervient pas dans la méditation.

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