Meditation

Lâcher prise

Lâcher prise, c’est accepter le vide

Quand on parle de lâcher prise, formule à la mode, on imagine une forme d’abandon, de laisser-aller. Mais en réalité le lâcher-prise demande une grande vigilance, car nous ne sommes pas habitués à ne pas penser, à ne pas bouger, à ne rien regarder, rien écouter, rien faire.  Se dire « n’y pense plus » c’est encore penser. Se retenir d’agir, c’est encore agir.

Ne pas vouloir

Lâcher prise c’est l’abandon de l’ego. C’est faire taire quelques instants le je de «je suis», «je fais», «je dois», «je veux» (bien méditer par exemple…). Pour cela, il faut neutraliser notre volonté. Il ne faut pas vouloir faire, mais laisser faire. Vouloir, c’est s’imposer un but, c’est espérer un résultat, c’est attendre un bénéfice, c’est redouter un échec… soit le contraire du lâcher prise.

Méditer, c’est passer en mode off

Trouver le bouton « on-off » en soi, qui nous déconnecte de nos pensées et des émotions qu’elles ravivent, voilà ce que devrait apporter la méditation.

Paradoxalement, cette déconnexion ne naît pas de la coupure entre soi et le monde, entre l’esprit et le corps ni même entre soi et ses pensées, mais au contraire de l’effacement de toute séparation. Etre présent ici et maintenant, c’est prendre conscience que nos pensées, nos souvenirs, n’ont aucune réalité propre. Ils n’existent que parce que je les rappelle, ou je les rejette, et avec eux je réactualise les émotions qui y sont attachées. Je les ramène dans la réalité présente, je les fais revivre.

Les pensées passent comme des nuages dans le ciel

Le lâcher prise ce n’est pas ne pas penser – cela reviendrait à penser en permanence à ne pas penser, c’est absurde…  – mais laisser passer ses pensées sans s’y accrocher, sans leur laisser le temps de se substituer à la réalité du présent.

Imaginez un ciel traversé de nuages qui changent de forme à chaque instant. Ces nuages, ce sont nos pensées : les souvenirs, les projets, les opinions, les jugements, les prévisions, les espérances, les doutes, les craintes…  Parfois, ils assombrissent tout le ciel, mais jamais assez pour empêcher la lumière de passer. C’est même grâce à cette lumière, celle du soleil qui se cache derrière, qu’on peut distinguer ces nuages, se rendre compte en les observant qu’ils n’ont ni forme stable ni consistance

On ne prend pas conscience de ses pensées tant qu’on s’identifie à elles, qu’on croit être ce qu’on pense. Il faut d’abord les observer, comme des nuages, sans s’y accrocher ni s’y opposer, laisser le vent les emporter sans les retenir. Alors le ciel s’éclaircir peu à peu, découvrant l’espace profond et pur de notre conscience.

 

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